24.11.2006

Le Grand Rassemblement.

Le Grand Rassemblement.

 

 

Ils n’ont que ce mot là à la bouche : rassemblement.

Que ce soit la maternelle Ségolène Royal, le violent Nicolas Sarkozy, l’affable Dominique Strauss-Kahn, la soldate Michèle Alliot-Marie, le mal aimé Laurent Fabius,  l’imprudent Dominique de Villepin, Jospin l’oublié, le très célèbre Jacques Chirac, François Bayrou le révolutionnaire, et même le Raffarin qui revient, tous veulent rassembler.

 

Le peuvent-ils ?

Le veulent-ils vraiment ?

Est-ce bien nécessaire ?

Ne serait-ce pas là qu’une bien triste entreprise de nivellement ? Une tentative d’étouffement des opinions et du droit à la différence ?

 

Rassemblement ? Attention ! Danger !

 

Un certain Philippe Pétain lui aussi voulait rassembler. Il n’a réussi qu’à diviser les français en deux camps farouchement ennemis. Avec les résultats que l’on sait.

 

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                                                           Surtout, ne pas oublier.

 

24/11/2006

23.11.2006

Intégration

Intégration

 

Mais non, je dis et répète qu’il est inutile de faire une apologie de Sarkozy. Il s’en occupe lui-même ; pas besoin des autres.

 

Sarkozy naturalise
la jeune Chahrazad

NOUVELOBS.COM
| 22.11.06 | 14:36

La jeune fille, qui avait été brûlée vive l'an dernier, a reçu son décret de naturalisation des mains de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy a remis mercredi 22 novembre au ministère de l'Intérieur un décret de naturalisation française à la jeune Chahrazad Belayni, qui avait été brûlée vive l'année dernière par un jeune homme qu'elle refusait d'épouser. "Bienvenue dans la communauté française", a lancé le ministre à la jeune fille, en annonçant qu'elle allait "intégrer l'administration du ministère de l'Intérieur où [son] expérience sera très utile pour les victimes".

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Regardez comme son regard pénétrant s’élance dans l’avenir. Allons, plus que quelques mois à patienter. Avec cet homme-là aux commandes, ce sera enfin l’âge d’or. Pas pour tous ? Que vous êtes mauvais esprits !

Mais continuons :


"Nouvelle vie"

Le frère de Chahrazad Belayni, Abdellaziz, a lui aussi reçu son décret de naturalisation. Il intégrera quant à lui "la préfecture de Seine-Saint-Denis", a annoncé Nicolas Sarkozy. Le visage toujours marqué par l'agression dont elle a été victime à Neuilly-sur-Marne en novembre 2005, Chahrazad Belayni s'est déclarée heureuse de pouvoir "entamer une nouvelle vie, une vie qui recommence à zéro".
Amer Moustaq Butt, son agresseur pakistanais de 25 ans a décidé de se rendre à la justice. Il est arrivé vendredi dernier à Roissy et a été mis en examen par un juge d'instruction après avoir été déféré au parquet de Bobigny.

 

Ceux et celles qui désirent ardemment obtenir la nationalité française et un emploi du même coup savent maintenant comment il faut faire. Vous trouvez que la procédure à suivre est un peu chaude ? Sans doute, mais « l’intégration » ne fait-elle pas partie des sujets d’actualité brûlants ?

23/11/2006

 

22.11.2006

Antisémitisme

Antisémitisme

 

J’écrivais il y a peu que dès que l’on critique Israël et sa politique belliqueuse on est immédiatement taxé d’antisémitisme.

Mais quand c’est un israélien qui s’insurge contre les actes de son propre pays, peut-on le traiter d’antisémite ?

 

Haaretz, 5 novembre 2006.

 

La ville s’embrase : à Beit Hanoun, a lieu un bain de sang ; l’armée israélienne se déchaîne et tue au moins 37 personnes en quatre jours - et l’opinion publique israélienne bâille, indifférente. Un commandant de régiment dit à ses hommes, qui ont tué 12 hommes en un jour : « Vous avez gagné 12-0 » et les soldats répondent par un large sourire. Voilà, sur le plan moral, le creux que nous avons maintenant atteint, après une longue dégringolade sur la pente glissante : nous en sommes à faire si bon marché de la vie humaine.

Une des démonstrations nous en a été donnée, à la fin de la semaine, par cette grande gueule de chef du département des ressources humaines, le général de division Elazar Stern, qui peut aussi, à l’occasion, tenir des propos justes : « Un excès de sensibilité à la vie humaine dans l’armée israélienne explique une partie des échecs de la guerre du Liban... Et ça ne doit pas se passer », a dit Elazar Stern sur Canal 7. Il faut louer le général de s’exprimer ainsi sans détour : celui qui se lance, avec une légèreté intolérable et par choix, dans une guerre malfaisante, ne peut s’offrir le luxe de se montrer sensible à la vie de ses soldats. A la guerre, on ne tue pas seulement, on est aussi tué. Il aurait fallu le dire d’entrée de jeu.

Mais les propos du général sont entachés d’hypocrisie : celui qui tue en quelques mois plus de mille Libanais et plus de 300 Palestiniens, pour des motifs douteux, perd le droit de parler de sensibilité à la vie humaine. Le fait que le mouvement de protestation publique contre la guerre n’a pas pris son essor, démontre qu’après avoir perdu toute sensibilité à l’égard de la vie quand ce n’est pas la nôtre, nous commençons à perdre aussi graduellement toute sensibilité à la vie de nos fils tués pour rien. Cela commence par le mépris pour la vie des Arabes et s’achève par le mépris de la vie des Juifs.

Quel chemin parcouru depuis les propos sur la « pureté des armes », quelque hypocrites qu’ils aient été, jusqu’à l’effacement complet de cette notion de notre lexique. Quel fameux bout de chemin nous avons fait depuis le temps où nous avions l’habitude de nous glorifier de nous efforcer à ne pas tuer de civils innocents, contrairement aux Arabes, jusqu’aux chiffres effrayants de la guerre au Liban, par exemple : ce n’est pas seulement que le nombre de personnes tuées par Israël est presque dix fois plus élevé que celui des personnes tuées par le Hezbollah, mais que, alors que le Hezbollah a tué trois fois plus de soldats que de civils, Israël a tué environ trois fois plus de civils que de combattants. Dès lors, qui a les armes les plus « pures » ? Un journaliste britannique du « Guardian », actuellement en Israël, s’étonnait d’apprendre, en cette fin de semaine, que ces chiffres ne suscitaient pas ici le moindre débat public.

La phase actuelle de la dégringolade morale a commencé avec les assassinats dans les Territoires. Au début, il y avait encore débat sur leur degré de légalité et de justification. Combien se souviennent encore qu’ils étaient autrefois limités, du moins en paroles, aux « bombes à retardement », aux menaces immédiates ? La Cour suprême, dans sa couardise, s’est abstenue depuis des années de prendre position sur cette matière, en dépit des pétitions déposées à sa porte, et le projet des assassinats s’est développé jusqu’à atteindre des proportions monstrueuses. Au cours des derniers mois, il ne s’est pour ainsi dire pas passé un jour sans que des Palestiniens soient tués à Gaza, et au lieu de demander pourquoi ils sont tués, nous faisons bon accueil à un Premier Ministre qui s’enorgueillit, devant le Comité des Affaires étrangères et de Sécurité, de la mort de « 300 terroristes » en quatre mois, comme si le fait de tuer était en soi un fameux exploit. C’est le message éducatif d’Ehoud Olmert, et il est infiniment plus grave que toutes les affaires de présomption de corruption dont il est soupçonné.

Nul ne s’est levé pour demander qui étaient ces Palestiniens tués, si tous méritaient la mort et quels bénéfices ces tueries en masse apportaient à Israël. Au-delà du nombre terrifiant de civils tués, dont des dizaines de femmes et d’enfants, il faut aussi demander si tout homme armé à Gaza - et il y en a des dizaines de milliers - mérite une condamnation à mort sans jugement. Du jour où l’armée israélienne a commencé les opérations de liquidations, notre sensibilité à la vie humaine était condamnée à être totalement éradiquée.

Depuis plusieurs jours, l’armée israélienne opère dans la petite ville de Beit Hanoun. L’opération « Nuages d’automne », prétendument destinée à frapper ceux qui tirent les roquettes Qassam, outre qu’elle sème la mort, la destruction et la terreur au cœur de cette ville de 30.000 habitants, n’a réussi jusqu’ici qu’à amener davantage de roquettes Qassam sur Sderot. Je me suis rendu par deux fois, récemment, dans la maison de la famille Abou Odeh, à Beit Hanoun : la première fois, un obus avait dévasté la maison. La seconde fois, les soldats avaient tué le père, un fils et une fille, tous innocents. C’était encore avant « Nuages d’automne ».

Comment la presse israélienne couvre-t-elle « Nuages d’automne » ? Dans « Maariv », jeudi dernier, il fallait une loupe pour trouver une mention, faite incidemment, de la mort de dix Palestiniens tués en un jour ; « Yediot Aharonot » n’agissait pas autrement. Les deux quotidiens ayant la plus forte diffusion dans le pays manifestent une épouvantable déshumanisation. Même l’assertion du commentateur militaire de « Yediot Aharonot », Alex Fishman, selon laquelle un des objectifs de l’opération est d’entraîner nos forces en vue de « la grande opération » ne soulève ici aucune protestation. L’armée israélienne part pour une « opération d’entraînement » en zone urbaine, au cœur d’une ville surpeuplée, tout en y semant la mort et la destruction : ne s’agit-il pas là d’un mépris effrayant pour la vie humaine ?

Les tueries quotidiennes à Gaza n’ont quasiment droit à aucune mention. Des opérations futiles destinées à restaurer l’honneur perdu de l’armée israélienne ne soulèvent aucune discussion quant à leurs objectifs, leur moralité, leurs chances de succès. Personne ne s’interroge sur le rapport existant entre d’un côté, les dégâts occasionnés par les roquettes Qassam et de l’autre, le nombre de morts et l’ampleur des destructions, dont le bombardement de la centrale électrique, à Gaza, un territoire où sont emprisonnés un million et demi de personnes, appauvries et affamées.

Ces opérations futiles n’arrêteront pas les roquettes Qassam qui sont destinées à rappeler, douloureusement, à nous-mêmes et au monde, la détresse des habitants de Gaza, enfermés et boycottés, auxquels, n’étaient les roquettes Qassam, nul ne prêterait attention. Le moyen de lutter contre les roquettes Qassam, c’est de cesser le boycott, de s’asseoir à la table des négociations et d’arriver à un accord. Sinon, nous poursuivrons notre dégringolade et continuerons à être insensibles aux pertes en vies humaines chez eux, et très vite aussi chez nous. Ecoutez le général Stern.

Gideon Lévy

 

 

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On peut ajouter ceci au dossier d’Israël :

 

Enquête sur
les bombes d'Israël


NOUVELOBS.COM | 20.11.06 | 10:26

Le chef de l'armée israélienne affirme que des bombes à fragmentation ont été tirées au Liban en juillet contre ses ordres. Une enquête a été ouverte.

Les forces israéliennes au sol qui ont utilisé des bombes à fragmentation lors de l'offensive au Liban ont agi contre les ordres qui leur avaient été donnés, ont annoncé dimanche 19 novembre des responsable de la Défense, citant le commandant en chef de l'armée, le général Dan Haloutz.
Selon ces dirigeants, le général Haloutz aurait ordonné de suspendre l'utilisation de ces armes, qui contiennent des centaines de sous-munitions se répartissant autour de l'objectif. Ils ont ajouté, sous couvert d'anonymat, que les forces aériennes avaient suivi cet ordre, mais que les forces au sol avaient tiré des milliers de bombes à fragmentation sur le Liban durant les 34 jours de conflit.

Vies civiles en danger

Par ailleurs, la radio de l'armée a rapporté que le général Dan Haloutz avait nommé un général pour enquêter sur l'utilisation de ces armes.
Israël a été largement critiqué pour avoir employé des bombes à fragmentation au Liban. Celles-ci demeurent sur le terrain et peuvent encore tuer dès lors qu'elles n'ont pas été détruites, mettant en danger les vies civiles après la fin du conflit.
L'Etat hébreu avait assuré avoir utilisé ses munitions en accord avec les lois internationales. Les bombes à fragmentation ne sont pas interdites, mais elles ne peuvent être employées dans des zones civiles.

 

Les partisans du sionisme sont-ils toujours aussi confortablement assis dans leur fauteuil ?

22/11/2006



16.11.2006

Des histoires de bus (fin)

Des histoires de bus (fin)

 

 

Je méditais ce matin de faire un éloge (non, pas funèbre) de Sarkozy, mais je dois remettre à plus tard et en finir avec ces histoires de bus. Comme l’affaire n’est pas si simple, j’ai sans doute la tentation secrète de repousser à plus  tard. Mais j’ai promis, alors je dois tenir.

 

Que représentent donc les bus pour ceux dont on a pris la mauvaise habitude de les appeler « les jeunes des banlieues » ?

 

La question me paraît soudainement si complexe que je pense ne pas pouvoir en venir à bout par les seuls efforts de mes petites méninges fatiguées. Alors, je crois que ce que j’ai de mieux à faire c’est de reproduire ici une petite conversation que j’ai eu, tout à fait par hasard vous vous en doutez, avec une jeune fille de Saint Denis… qui attendait le bus.

Ecoutons-la.

 

« Pourquoi nos mecs attaquent les bus et y mettent le feu ? Est-ce que je sais moi ? C’est des types bizarres, vous savez, ils ne vous font pas de confidences. C’est le genre de mecs qui parlent pas et si vous leur posez des questions ils vous foudroient du regard et c’est tout juste s’ils vous crachent pas dessus…………………………. Ils en ont rien à foutre de vos questions et ils n’ont aucun désir de s’expliquer. A quoi bon, ça ne servirait à rien. Mais j’ai tout de même ma petite idée sur la question, vous savez. Au fond, les bus qui viennent chez nous, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’ils représentent. Ils sont une sorte de pont entre nos cités et la ville ; ils sont ce qui est censé nous relier à la ville, la vraie… Parce que nous ne faisons pas partie de la ville, monsieur. Ca, j’espère que vous le savez ; nous sommes en marge et tout est fait pour nous tenir à l’écart de la ville, la vraie, de la ville et de ses fastes, de la ville et de ses plaisirs, de la ville et de ses tentations. Parce que  ce qui pour VOUS est objet de consommation n’est pour nous que tentations inaccessibles. Tout ça n’est pas pour nous, non. Nous, nous n’avons que le droit de prendre le bus, le matin, pour aller travailler pour VOUS, je parle bien sûr pour ceux qui en ont un d’emploi, pas pour ceux qui traînent à ne rien faire tous les jours de la semaine, et le droit de le reprendre, le soir, pour rentrer au dortoir. Quand je vous disais tout à l’heure que les bus sont une sorte de pont entre nos deux civilisations, la nôtre et la vôtre, j’aurai dû ajouter que ce n’est pas un pont qui relie, mais un pont qui matérialise une séparation de fait, et peut-être d’intention. Les bus sont le symbole de notre séparation, de notre désunion, de notre rupture. Je vois que vous tiquez. Je le comprends parce que vous ne savez pas vraiment ce qu’est la vie de ce côté-ci du pont. Parce que vous ne savez pas à quel point « tout ne va pas bien par ici ». Le matin, quand ils partent, ça va encore, mais le soir, quand ils rentrent, grands navires illuminés, encore gonflés des effluves de ce qui est, reste, et restera hors de notre portée, le choc est réel. Le choc est rude. Il enflamme les esprits, il ravive le ressentiment de ceux qui n’ont rien, même pas d’espoir, et qui les regardent passer, grands vaisseaux venus d’un ailleurs propriété des autres, en faisant doucement chuinter l’asphalte sous leurs pneus. Ils le détestent, ce 44 que vous voyez là-bas au carrefour et qui va déverser son lot quotidien d’esclaves résignés au prochain arrêt. Ils lui en veulent d’exister et de n’être que la manifestation de la séparation, que la manifestation de notre exil. Ils sont grands, ils sont beaux, ils sont souples, ils brillent de tous leurs feux, ces bus, ils amènent avec eux toute cette clarté à laquelle nous n’avons pas droit, toute cette chaleur qui nous est refusée. Ils pénètrent par effraction dans l’obscurité qui est notre lot. Intrus, ce sont des intrus……. Oui, des intrus……..Ah ! Oui, ils sont symbole d’un monde meilleur qui ne sera jamais le nôtre………… Alors oui, peut-être que pour dissiper quelques instants les ténèbres qui nous enferment, réchauffer la glace qui nous étreint et la rendre ainsi moins poignante, ils les incendient. Et s’il y a des victimes, innocents qui appartiennent à notre monde, c’est notre punition, notre châtiment ; c’est que nous l’avons mérité. Leur douleur rejoint la nôtre et notre culpabilité devient ainsi justifiée. Nous savons alors pourquoi nous ne méritons que d’être des déshérités. Des « damnés de la terre »…….. Je vous ai un peu aidé, oui ? Vous commencez à comprendre ?"

 

 

 

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                                Les lumières de la ville

 

Ce que j’avais compris, c’était que ces populations constamment retenues devant les portes du paradis, ne parvenaient pas à trouver le cheminement adéquat pour exprimer leur ressentiment d’exclus. Qu’elles ne parvenaient pas à définir les moyens de leur lutte. Que plus elles pratiqueraient la « politique du pire », plus nous les jugerions coupables et justifierions par là leur exclusion.

Non, les incendies de bus, même s’ils sont « explicables », ne sont pas la bonne solution. Au contraire, ils font le jeu du huitième nain.

                   

 

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Oui, en fakir charmeur de serpents. Mais attention, la planche à clous ne sera pas pour lui. On aurait pu également l’imaginer en sirène. C’aurait été exagéré ? Oui, sans doute. Mais n’est-il pas sur tous les fronts en même temps ?

 

16/11/2006

 

15.11.2006

Des histoires de bus (suite).

Des histoires de bus (suite).

 

   J’écrivais hier que tuer pour défendre une idée, ce n’est pas défendre une idée, c’est tuer. Tuer pour défendre une idée que l’on ne parvient même pas à exprimer, c’est encore pire : c’est tuer pour rien du tout.

   Mais je crois qu’il y a une explication à tout ; même si elle est absurde.

 

Voilà ce que j’ai trouvé sur le blog d’une jeune fille, encore lycéenne :

 

 

Suis-je malsaine et immorale? Tant pis.

Car je ne crois pas que tout va bien par ici.

 

C'est dingue comment cette simple chanson d'Indochine, Punishement Parc, a put me faire virer d'humeur aussi facilement. 

 

Je veux aller quelque part, je veux aller vers un paradis. 

 

Car je ne crois pas que tout va bien par ici.

 

 

Je ne sais pas pourquoi, mais je recherche des dialogues cruels, des mots blessants, j'ai envie de méchanceté gratuite, juste comme ça, par rage. 

 

J'ai envie que quelqu'un pleure parce que son meilleur ami l'a trahi.

J'ai envie que quelqu'un se sente acculé au suicide parce qu'il aura été mis en face de son inutilité.

 

Quelles sont ces pulsions que j'aies? 

 

Je ne parle pas forcément de gens réels.

Un simple personnage me suffirait.

Mais j'ai envie de contempler de la douleur. 

 

Oui je sais parfois je fais peur. 

 

Je ne suis pas méchante.

J'aime mes amis et ne leur ferai jamais de mal.

Quoique.

Une dispute.

Un blanc.

Du sang.

Est-ce moi qui ai fait ça?

Mais non ce n'est qu'un rêve. 

 

 C'est juste que mon humeur est étrange.

 

On s'est construit
Et j'ai tout détruit
On s'est détruit
On a reconstruit
On s'est puni
On s'est construit
On tout détruit
Je me suis détruit

==> Indochine 

 

Car je ne crois pas que tout va bien par ici.

 

 

Je n’ai absolument rien changé au texte, je n’ai pas corrigé les fautes, bien que ça m’agace qu’elles soient là. Mais ne sont-elles pas une preuve supplémentaire du désenchantement de leur auteur ?

 

Ce qui m’a le plus frappé dans ce texte, c’est cette phrase : Mais j'ai envie de contempler de la douleur. 

 

Il n’est pas écrit « voir » de la douleur, mais : « contempler ». Et qui dit contemplation dit délectation. Pourquoi écrit-elle ça ? Parce qu’elle se croit seule dans la souffrance et que son souhait serait de briser cette solitude insupportable ?

Quels sont les autres mots qui attirent l’attention dans ce texte? Il y a « malsaine », « immorale », « cruels », « blessants », « méchanceté gratuite », « rage », « suicide », «  inutilité », « je fais peur », « sang », « paradis », et « punishment ».

 

Comme l’auteur je ne crois pas que « tout aille bien par ici », mais de là à vouloir volontairement être cruel, volontairement blesser, parce que l’on ressent un fantastique sentiment d’inutilité, et que le désir de punition par le suicide (et quel suicide, celui de qui ?) soit perçu comme unique solution à la crise existentielle, il y a tout un monde, celui de l’analyse, celui de la réflexion sur sa condition particulière. Et c’est justement ceci qui n’est pas abordé par l’auteur. Et je crois que cette jeune fille est exactement dans le même état d’esprit que ceux qui incendient des autobus, peut-être pas par plaisir, non, mais pour se donner le sentiment d’exister, pendant quelques brefs instants, sans pour autant par ces actes pouvoir véritablement briser l’inutilité de leur vie. Sans pour autant s’ouvrir les portes du « paradis ».

 

Et ceci permet sans doute de comprendre cette phrase :

 

Je ne suis pas méchante.

J'aime mes amis et ne leur ferai jamais de mal.

Quoique.

 

Le « quoique » est terrible.

Ici encore, me semble-t-il, nous sommes dans la situation des incendiaires de bus de banlieues qui ne font de mal qu’à leurs « amis », et j’entends par là êtres humains qui vivent dans les mêmes ghettos qu’eux, êtres humains qui souffrent, et qui eux aussi pensent que « tout ne va pas bien par ici », qui le ressentent dans leur chair d’exclus et qui ont probablement conscience que leur vie n’est qu’une interminable suite d’inutilités et que rien ne peut changer leur situation d’oubliés de la société de consommation.

Parce qu’enfin si ces incendiaires avaient le désir d’être utiles, par leurs actes, le désir de modifier leur condition sociale, il y a bien d’autres choses à brûler que des bus. Je ne donnerai aucun exemple : on m’accuserait d’incitation à la violence et à la destruction de biens…

Alors, pourquoi des bus ?

 

Mais je vois que j’en suis à la page trois. Cette affaire d’autobus aura donc une troisième partie, et fin; c’est promis.

 

 

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Peut-être… Si l’actualité ne m’entraîne pas vers d’autres digressions. Du genre de la mise en accusation de Donald Rumsfeld pour crimes de guerre en Irak et à Guantanamo.

 

Ce sera bientôt le tour de George W. Bush. Patience.

 

15/11/2006 

 

14.11.2006

Des histoires de bus

Des histoires de bus

 

Moi, je suis comme tout le monde, ces histoires de bus brûlés je trouve ça assez stupide et carrément inutile. Je veux dire, à ceux qui y mettent le feu, que ça ne sert à rien, que ça ne fait pas avancer leur cause, (cause qui reste indéfinie et inexprimée) que ça n’aide personne à y voir clair ; que c’est « contre productif » comme on dit en langage politique, que ça ne les rend ni crédibles, ni très sympathiques.

Je voulais leur dire, à ces anonymes, que tuer pour défendre une idée, ce n’est pas défendre une idée, c’est tuer. Vous allez dire qu’il n’y a pas eu de mort, non, c’est vrai ; mais il s’en est fallu de peu. On a frôlé la catastrophe.

Je suis comme tout le monde : quand un de ces incendies blesse grièvement une personne je suis catastrophé et je suis bien obligé de donner raison à ceux qui crient à la folie, à l’inconscience et au meurtre. Les auteurs de ces « cafouillages » de ces « bavures » ne font qu’amener de l’eau au moulin du 8ème nain qui fait immédiatement de la surenchère en affirmant dans la foulée que certains mineurs devraient être pénalement considérés comme majeurs. Enfin, n’importe quoi pour attirer vers lui l’électorat de Jean-Marie Le Pen. Il fait feu de tout bois et profite du plus infime incident pour faire sonner les sirènes de la sécurité. C’est de bonne guerre. Ne dit-on pas qu’il faut éviter de donner des bâtons pour se faire battre ? Et je ne peux pas imaginer un seul instant que ceux qui mettent le feu aux bus de banlieues soient des électeurs de droite. Quoi que…

Et le PS français aurait mieux fait de méditer cet adage sur les bâtons avant de se lancer dans des primaires qui n’ont fait que souligner les profondes divisions existant entre les trois candidats qui se sont affrontés pour tenter d’obtenir l’investiture des militants. Certains y voient un exercice de démocratie. Peut-être, mais le corps électoral, qu’y voit-il, lui, si ce n’est une absence de concorde, si ce n’est l’existence de courants très différents à l’intérieur du PS ? Tout le monde parle de rassembler, on n’entend que ce mot-là, à droite comme à gauche, ce qui, au fond, n’est qu’un aveu de reconnaissance des courants de pensée qui existent à l’intérieur de tous les partis politiques.

Il n’y en a qu’un, finalement, qui offre un visage monolithique, celui du dit Le Pen. Et il se pourrait bien qu’un jour, à force de jouer avec le feu, ce ne soit lui qui tire les marrons du feu.

 

                                        

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Que le « petit chaperon rouge » prenne garde au « grand méchant loup ».

 

Mais je digresse, je digresse moi qui voulais vous parler des ces autobus qui brûlent, de ces adolescents que nous avons artificiellement rassemblés en  tribus, en ethnies, en races. Je voulais vous dire que l’on n’a peut-être pas bien cherché les motivations qui pourraient être à la base de ces actes qui ont l’apparence du « gratuit ». Je voulais tenter d’apporter quelques explications, pas des excuses, à l’inexplicable. Je voulais vous parler de tout ça, mais ce sera pour une autre fois, car il parait qu’on ne pourrait lire plus d’une page sur un écran d’ordinateur ; qu’au-delà ça fatigue, ça énerve, on se disperse, l’attention s’évade vers des contrées autant inconnues qu’incontrôlables. Les carcasses d’autobus ce sera pour une autre fois, demain, peut-être.

 

14/11/2006